Pourquoi le sportif doit-il « bien » manger ?

Relation entre nutrition et entrainement

Par Santé-Performance –
Alexis CHATENAY, Spécialiste en nutrition sportive et Coach. www.sante-performance.fr

 

On peut d’abord se demander : Pourquoi le sportif doit-il manger ? Parce qu’il est vivant ! Il devra donc, comme tout être vivant, s’assurer un approvisionnement nutritionnel quotidien garant de sa survie.

Mais il semble au regard du marché on ne peut plus prolifique des compléments alimentaires et du nombre de préconisations nutritionnelles dédiées au sportif, qu’il doit « bien » manger.

« Bien » manger c’est de toute évidence adapter quantitativement et qualitativement son alimentation à sa pratique. Pour comprendre en quoi cela est important il faut replacer l’athlète dans son système d’entrainement.

Quelque soit son niveau de pratique, l’athlète est dépendant de l’adaptation de son organisme à l’effort.

Ce principe est essentiel, puisqu’à lui seul, il conditionne l’évolution et l’optimisation de son niveau de performance.

Un des principes de l’entraînement est de surprendre l’organisme, de le forcer à s’adapter à des situations, des amplitudes, des intensités nouvelles. Par chance, s’adapter est ce que le corps sait faire de mieux. Et c’est uniquement grâce à cette faculté d’adaptation naturelle que l’athlète progresse. On peut dire que la progression est un apprentissage physiologique.

Lors d’un effort inhabituel en durée ou en intensité, l’organisme doit répondre à une

sollicitation « extraordinaire ». Face à ce « stress », le corps va, par tous les moyens, chercher à conserver son équilibre homéostatique. Pour ne pas se faire surprendre à nouveau, l’organisme prévoira pour la prochaine séance du « plus » et du « mieux ». Du « plus » : une augmentation des réserves de glycogène musculaire et hépatique, du volume musculaire, etc. Du « mieux » : une meilleure coordination intra et inter musculaire, une meilleure capacité à utiliser l’oxygène, etc…

Cette prévision est le résultat de l’entrainement sur l’organisme. C’est grâce à cela que l’athlète progresse.

Prenons comme point d’étude le niveau de forme d’un athlète lambda. Lors d’un entrainement, d’une sollicitation intense, son niveau de forme baisse, l’athlète ressent une intense fatigue, l’organisme puise dans ses réserves, les contraintes mécaniques viennent à léser voir casser des fibres musculaires, les tendons et les ligaments subissent un stress, etc… On peut dire que c’est une phase de destruction. La séance se termine, le repos est bien mérité et l’organisme tente de se reconstruire, de recharger ses batteries, de tirer un bilan matériel des dégâts… c’est la récupération. Il n’y a pas encore de progression : à la fin d’une bonne récupération l’athlète retrouve seulement son niveau de forme initial. La progression vient après. Dans la phase de prévision : l’organisme va s’adapter à la séance avec l’idée de tout faire pour « encaisser » une hypothétique prochaine séance de même nature. Il y a dès lors une élévation du niveau de forme, c’est l’effet de l’entrainement sur l’organisme : l’athlète progresse. Il est intéressant ici de noter que si l’athlète ne s’entraine pas de nouveau il retrouvera son niveau de forme antérieur… (mais ça nous l’avons tous expérimenté…)

Quand on a bien saisi ce schéma d’adaptation il est facile de comprendre que sur les phases de récupération et de prévision l’organisme a des besoins. Votre organisme n’étant pas une machine il lui faudra bien plus qu’une ration purement énergétique vide d’éléments nutritionnels !

Faisons l’analogie homme-voiture… Il suffit pour que votre voiture fonctionne de lui mettre une certaine quantité d’énergie. Je mets de l’essence et le moteur transforme cette énergie chimique en une énergie mécanique : ma voiture avance. Croire que l’organisme fonctionne de même (je fais le plein de pâtes et je peux courir un marathon) reviendrait à fermer les yeux sur la montagne d’événements physiologiques qui nous constituent.

On va donc chercher à mettre dans notre réservoir tous les éléments constitutionnels, essentiels, fondamentaux pour s’assurer un fonctionnement et une progression optimale !

On assurera un apport quotidien en éléments macro-nutritionnels (protéines, glucides, lipides) ET en éléments micro-nutritionnels (minéraux, vitamines, oligo-éléments, acides gras essentiels).

L’athlète doit être au maximum impliqué dans la construction de ses repas car c’est en se responsabilisant face à ses choix alimentaire qu’il pourra atteindre ses objectifs de performance.

Nous verrons dans un prochain article, comment construire cette diététique de la performance.

© Alexis CHATENAY 2012

Les commentaires sont fermés.